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Montréal, le 6 novembre 2018 - Elles sont trois femmes de tête qui ont fait leur marque dans l’immobilier commercial. Elles racontent leur parcours qui n’a pas été sans embûches.

Entretien avec Natalie Voland, Laurence Vincent et Pascale Roy

Pour Natalie Voland, présidente de Gestion immobilière Quo Vadis, le principal défi a été d’être prise au sérieux. À ses débuts dans l’industrie, il y a 23 ans, architectes et designers étaient plus enclins d’écouter les idées de son vice-président qui, pourtant, ne faisait que répéter ce qu’elle venait de dire ! Une bataille que Laurence Vincent, coprésidente de Prével, n’a pas vraiment eu à livrer, les générations précédentes ayant ouvert la voie. « J’ai eu la chance d’avoir la carte de Prével. Cela me donnait de la crédibilité. »

Cela dit, les femmes sont souvent leur propre ennemi. « Elles sont moins portées à prendre des risques, constate Pascale Roy, vice-présidente Gestion de l'actif chez Conseillers immobiliers GWL. Il leur faut une description de tâches sur mesure sinon elles hésitent à postuler. Il faut se faire confiance et demander à être rétribuées à la hauteur de nos compétences et au même salaire que nos collègues masculins. Et si le patron refuse notre demande d’augmentation de salaire, il faut se reprendre l’année suivante. » Bref, ne pas lâcher le morceau, cela finit par payer.

À 25 ans, Pascale Roy s’est retrouvée à gérer une équipe d’une vingtaine de personnes, dont plusieurs qui étaient plus âgées qu’elle. « J’ai appris à écouter et à travailler avec différentes personnalités. » Et à être ouverte face à l’erreur. Comme un de ses patrons l’a été avec elle à ses débuts. « J’avais fait une erreur coûteuse pour l’entreprise. Alors que je craignais sa réaction, il m’a dit que ce qui comptait c’était la moyenne au bâton. C’était une belle marque de reconnaissance. »

Redonner

Toutes ont pu compter sur les conseils d’un mentor. Pour Laurence Vincent, c’était son père, Jacques, le fondateur de Prével. « Je n’ai pas réalisé tout de suite le rôle qu’il a joué avec moi, dit-elle. Mon père est un homme discret. Il passait souvent ses messages en faisant des blagues. » Elle a réalisé tout son apport quand elle a rédigé un livre sur l’histoire de l’entreprise, Bâtir Montréal à la table 45, publié au début de novembre. Après avoir bénéficié des conseils de gens d’expérience, Pascale Roy joue à son tour le rôle de mentor. Quant à Natalie Voland, qui est travailleuse sociale de formation, elle a dû tout apprendre sur l’immobilier à vitesse grand V. Aujourd’hui, c’est son équipe qui profite de son soutien. « C’est un mentorat plus organique que structuré. Je veux leur offrir ce que je n’ai pas eu. »

Un équilibre dynamique

Comment se vit la conciliation entre le travail et la famille pour ces dirigeantes ? L’équilibre est toujours fragile. Il leur faut faire des choix. Laurence Vincent limite ses engagements de façon à être présente pour le souper en famille quatre soirs sur cinq. Une dérogation à cette règle doit faire l’objet « d’une consultation publique » avec son mari, lance-t-elle en riant. Natalie Voland, elle, accorde au maximum deux soirées à ses activités professionnelles. « Mais je ne travaille pas le week-end », dit-elle.

Pour les deux femmes, ce qui a été le plus difficile à concilier, c’est le congé de maternité. Le retour au travail a été rapide, à peine quelques semaines pour Natalie Voland qui a décidé d’emmener son poupon au bureau. Certains ont été surpris de la voir reprendre les rênes aussi vite, encore plus quand elle a dû allaiter alors qu’elle était en réunion. « Il y a 10 ans, c’était moins bien accepté qu’aujourd’hui », dit-elle. Heureusement, les choses ont évolué. Chez Quo Vadis, la priorité va à la famille. Télétravail, flexibilité des horaires font partie des mesures pour favoriser la conciliation.

Que l’on soit dirigeante d’entreprise ou pas, « il n’y a jamais de bon moment pour avoir un enfant, affirme Laurence Vincent. Il faut se lancer et composer avec la situation. » Vivent-elles de la culpabilité ? « Tous les jours, affirme Natalie Voland. Au bureau, je me sens coupable de ne pas être à la maison et vice versa. Je fais avec. Je veux être un modèle pour mes enfants et leur montrer que dans la vie, il faut faire des choix. »

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