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Perspectives économiques: la récession attendra

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À quand la prochaine récession ? La question en préoccupe plus d’un après des années de croissance économique. 

Selon Stéfane Marion, économiste et stratège en chef à la Banque Nationale, elle n’est pas pour demain même si les premiers signes de ralentissement se manifestent. « Nous entrons dans la phase mature du cycle économique qui dure en moyenne 33 mois. Il y en a déjà eu qui ont duré six ans. Nous ne voyons donc pas de chute à court terme », précise-t-il.

Il est vrai que l’économie mondiale, soutenue principalement par les États-Unis, connaît une croissance solide depuis plusieurs années. Il y a eu 130 mois consécutifs sans récession chez nos voisins du Sud, un précédent. L’économie canadienne se porte aussi très bien même si la croissance n’est pas aussi forte que chez nos voisins du Sud. Le marché du travail performe et les entreprises sont profitables. Au Québec, le taux de chômage (5,4 %) est près d’un creux historique. L’inflation à la hausse a toutefois forcé la Banque du Canada à relever son taux directeur à quelques reprises ces derniers mois. En octobre dernier, elle l’a encore haussé d’un quart de point pour le porter à 1,75 %, son plus haut niveau en 10 ans environ. Il devrait atteindre 2 % dans les prochains mois, prévoit M. Marion.

Immobilier: un marché qui résiste

L’économiste reste sceptique quant à l’éclatement d’une bulle immobilière au Canada. L’année 2018 a été marquée par le resserrement des règles hypothécaires. À l’échelle nationale, le nombre de prêts reste croissant même si la hausse est moins forte qu’auparavant. « Le prix des maisons se stabilise même à Vancouver qui reste un marché plus accessible que plusieurs grandes villes américaines », soutient-il.

À l’été 2018, le prix au pied carré pour un logement au centre-ville de Vancouver était de 770 $US comparativement à 1 022 $US à Boston et 1 603 $US à New York. À Montréal, il était de 496 $US et de 708 $US à Toronto. Le marché immobilier montréalais reste abordable avec un prix moyen des propriétés de 350 000 $, qui est 50 % plus bas que la moyenne nationale.

À l’échelle du Québec, les perspectives s’annoncent bonnes, selon M. Marion. La confiance des consommateurs est au rendez-vous. De plus, avec un taux d’endettement des ménages qui est en-dessous de la moyenne nationale, les acheteurs conservent une marge de manœuvre malgré la hausse des taux d’intérêt. « Ils pourraient monter à 4 % avant que cela fasse mal », précise-t-il.

Le Canada est le leader de la croissance de la population de tous les pays de l’OCDE. Elle est le résultat de l’immigration qui contribue à 70 % à cette hausse. Une situation qui profite principalement aux zones urbaines. « Pour la première fois, il n’y a plus de croissance de la main-d’œuvre en dehors des grandes régions métropolitaines », constate M. Marion. C’est de là que viendra la demande immobilière.

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